27.7.13

Lettre au policeman


J'ai souri en imaginant votre sourire après mon intrusion fortuite dans votre dimanche, moi face a la mer turquoise de l'Espagne, vous je ne sais où.

J'ai souri en imaginant votre sourire. Ne voyez là rien de déplacé ou d'ambigu. Je me souviens seulement de ce sourire comme d'un rayon de soleil un jour de pluie. Un sourire franc et entier comme celui d'un enfant. Un sourire comme un ciel bleu sans nuage. Un sourire inattendu en cette journée de mai toute vêtue de Toussaint.
J'ai rarement été attentive à cet attribut là, scrutant plutôt la profondeur de l'iris ou la longueur des doigts, voire la largeur des épaules, a fortiori lorsqu'il s'agit de corps d'athlètes pour corps d'élite. C'est dire que votre sourire m'a eu par surprise. Pas eu le temps de m'attarder sur les clichés.
Je ne l'ai pourtant pas remarqué tout de suite... En déambulant dans les cubes tout juste bardés de corten au milieu d'une cohorte d'inconnus j'étais plus préoccupée à regarder où je posais mes pieds qu'à examiner le rictus de tous ces gens dont je me demandais bien qu"elle était leur fonction. J'en ai presque eu le fou.rire en voyant arriver le cortège.
- Préviens qu'on sera sur le chantier à 12h30. Seulement toi et moi. Besoin de personne d'autre, m'avait dit L. quelques heures plus tôt.
J'avais désobéi. Heureusement. Le responsable du chantier s'est chargé de guider tout le monde et moi de distribuer des cartes de visite. A vous sûrement aussi.. J'ai perdu la vôtre le jour même, me suis amusée de notre conversation sur les couteaux, ait bien noté la visite suivante après le week end et suis partie déjeuner avec L. C'est ce jour la que j'ai compris que son avenir allait se jouer ailleurs. En rentrant au bureau les larmes coulaient sur mes chaussures crottées.
Le lundi retour au même endroit. J'ai trouve un laguiole au cas où, afin d'effacer le blasphème et d'apprendre à ces Parisiens qu'on ne peut pas confondre des torchons et des serviettes... C'est vous qui conduisiez la meute, moins importante cette fois. On a refait le parcours au pas de course, Les derniers détails ont été vite réglés. Je me suis souvenue du couteau dans mon sac.
- Avez vous une pièce de monnaie ?
La question était impromptue mais elle vous a fait sourire. En grand. Sans retenue. Sans calcul. Un sourire d'enfant sur le corps d'un policeman, avouez que ce n est pas banal, fut il assorti  d'une gentillesse et d'une politesse tout aussi inattendues. Et ne me dites pas qu'on ne vous a jamais fait la remarque.... même un aveugle saurait le deviner en vous écoutant  parler.
Bref ce dimanche j'ai souri en imaginant votre sourire, oubliant finalement un peu de ma honte d'avoir gaffé une fois encore. Peut être un acte manqué au fond. J'y repense encore à la plage, en comptant les voiles blanches, sortes d'agrafes entre deux nuances de bleu...
Ne changez rien policeman : votre sourire a la plus belle des vertus ; il est communicatif !

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